Derniers vols

Jusqu’au bout nous avons voulu croire à un changement de temps. A la venue des conditions de vraie haute altitude, pas des petits 4500m des meilleurs jours que nous avons eu. Et puis non, la route de Manali nous est restée fermée. Il y a juste eu Joe qui à réussi à passer les cols menant à la Kullu vallée…en levant les pieds pour ne pas toucher la neige. D’ailleur les petites conditions de « même pas printemps » que nous avons eues durant ce mois d’avril nous viennent des massives et tardives chutes de neige de cet hiver sans fin. Dans certains endroits de l’état de l’Himachal les responsables des routes estiment qu’il est tombé jusqu’à 7m de neige et qu’elle ne fondra pas complétement avant l’année prochaine! Une bénédiction pour l’agriculture Indienne, qui risque moins de manquer d’eau en cas de mauvaise mousson mais une calamité pour les bergers de haute altitude…et pour les parapentistes.

Malgrès cette météo pour le moins mitigée, les pilotes présents super motivés, dont certains mangeurs de records, ont tout de même réalisé une multitude de vols de plus de 100km, maximum 198 pour Sébastien (GER).

Il y a aussi l’avantage que dorénavent nous sommes tous passablement à l’aise dans un air instable,pour ne pas dire de m…A force de se faire secouer comme un prunier on s’y fait presque, presque. Et on apprend à bien tenir sa voile, à tout faire pour se détendre, à respirer profondément pour ne pas suffoquer et à accepter!

En récompense de ces efforts nous avont tout de même pu vivre des moments intemporels, difficilement quantifiables, sous les nuages le long des Dauladhars sauvages, en compagnie des grands vautours bruns de l’Hymalaia, des Gypaètes de course et même d’un aigle royal une fois, mais là j’ai eu un peu peur. Heureusement il m’a magistralement ignoré, nous ne faisons pas partie du même monde.

Et puis il y a la vie semi-communautaire des adeptes du vol libre, qu’ils soient pilotes ou juste passagers d’un jour, qui rend le temps le plus pourri supportable. La saison de printemps n’est pas touchée par les problèmes de surpopulation de l’automne. Quelques biplaceurs locaux, une douzaine de pilotes, une brochette de touristes Indiens venus regarder les fous volants, et la sérénité de notre montagne est préservée, le décollage est souvent désert, nous pouvons de nouveau de temps en temps être entre nous, notre matériel, l’air, la montagne et une pente pour s’élancer…

Articles Récents

post Au large

Après ce vol de 118km en 3h35 (35km/h de moyenne) de hier, je me sentais un peu moins d’attaque ce matin. Une forte activité thermique visible dès 9 heure et demi nous donna le ton. Ca allait booster!

De nouveau une couche peu active à la hauteur du décollage nous demande un moment d’attention. Mais dès 2800m le vario se met à pousser des cris plaintifs de chat martyrisé. Y a pas de doutes, c’est actif. Trop même à mon goût. En quelques dizaines de minutes le nom des cumulus change, d’humilis, ils deviennent castellanus et au loin de gros méchants cumulo-nimbus, le tout pimenté de thermiques affichant des taux de montée à faire peur à un ascenseur ultra-rapide. Il est temps de mettre en oeuvre un de mes dictons préférés  » courage, fuyons! ».

moi

 

Après une dernière montée au plafond, environ 3600m, histoire de fuir la tête haute, lol, cap sur la plaine.

direction plaine

 

Après encore quelques cabrioles et torsions de hanches pour me désengager de l’activité thermique des montagnes, je me retrouve avec une altitude respectable au dessus de Bir, et l’air deviens tout lisse, ouf. En fait je suis en dessus d’une légère inversion et je vois naître au-dessous de moi un joli bébé cumulus à qui je vais faire une petite visite de courtoisie. Bien plus sympa que ses grands frères de derrière.

dessus nuage

 

En sautant de boules de ouate en boules de ouate je me dirige en direction des plaines du Punjab…j’ai de la marge avant d’y arriver. Mais je ne me suis jamais aventuré si loin sur les basses montagnes que forment les Shivaliks.

shivaliks

 

Si j’avais été plus aventureux j’aurais pu pousser jusqu’au bord de la Bias River que l’on voit au loin, mais l’idée de faire des heures de taxi pour revenir au bercaille m’en à vite dissuadé. Au lieu de cela, retour sur Bir ou les foyers orageux ont envahit l’arrière-plan.

vue large

 

A mesure que je me rapproche de la cassure montagne plaine l’aérologie deviens plus anarchique. Quelques dernières émotions garanties avant de toucher le sol. A l’attéro même la pratique des gonflages de voile devint dangereuse. Malgrès des coups de tonnerre au loin, trois pilotes chasseurs de records restent en l’air. Fou ou courageux, l’avenir le leur dira.

gonflage orage

 

Après ce vol intéressant, je dirais en conclusion: Bir au printemps, c’est pas pour les débutants. Et ça rime.


post Enfin

Et c’était pas trop tôt. Des moisissures nous poussait entre les orteils et la majorité des pilotes frôlaient la dépression profonde. Ces 5 derniers jours nous revivions le déluge en directe à partir de 2 heures de l’après midi. La confrontation des masses d’air chaud du Punjab percutant un front froid venant du nord-ouest, coulant des montagnes enneigées, créait un magnifique front d’orages. Magnifique pour faire des photos, mais pas volable.

bir noire

 

En dessus de la tête ça devenait carrément psychédélique.

ciel noir

 

Puis ce qui devait arriver arrivait, inexorablement. Tout d’abord des bourrasques de vent descendant, une chute de température de 15 degrés en quelques minutes, puis les trombes d’eau, tombant à l’horizontale et emportant comme fétus de paille nos rêves de beaux vols.

Jusqu’à ce matin, le miracle, un grand ciel bleu, des cumulus commençant à fleurir à 10 heure mais avec des bases à presque 5000m. Tout ça malgré le terrain détrempé!

Tout de suite la tendance dépressive s’inverse, de grands sourir béats illuminent les visages des pilotes. Notre matériel va enfin pouvoir prendre l’air. Et nous par la même occasion.

altitude vario

 

Nous avons pu aller nous frotter à la neige fraîche, le plafonds nuageux se stabilisant autour des 4000m. Un vent d’est soutenu m’a poussé jusqu’à Daramsalah en un temps record. Pour le retour, ce fut plus difficile, vent de face et gros déclenchement thermiques, celui à 10m/s à été assez indigeste pour ma voile, mais pour le reste, presque « que du bonheur » comme ils disent.

La fin du vol à consisté en un long plané au goal de 15 km, contré par un vicieux vent de face pour garder un certain suspens.

plané bir

Un petit vol de 100km. Yes!!!


post Trecking temporel

Ayant abandonné l’idée que nous pourrions avoir des conditions exceptionnelle avant le passage de la pleine lune, et sous l’impulsion des pêcheurs mono-maniaques, nous sommes retournés dans la vallée de Barot. Ma dernière expérience de la chasse au poisson ne m’ayant plu qu’à moitié, je me suis décidé pour une virée à moto (obligeamment prêtée par mon ami Bruce, une Enfield Bullet 500 améliorée…un look rétro pour une moto…rétro) et un petit treck découverte.

moto

 

Mes amis casés au bord de la rivière à faire mumuse avec leurs cannes, je suis remonté cette vallée encaissée jusqu’à la fin de la route. Une trentaine de petites maisons en planches, des tchai-chop crasseux et une « grand rue » boueuse. Le point de liaison entre la montagne pédestre et la vallée mécanisée. Une sorte de far-ouest sans les chapeaux de cow-boy mais avec des Indiens. Ce trou sordide laissé derrière moi sans remord, la vraie expérience Himalayenne peut commencer. Les chemins centenaires traversent falaises et forêt, ils encouragent le promeneur à avancer, réservent des surprises éblouissantes à chaque détour, rechargent les batteries de celui qui les empruntent.

chemin

 

Grâce à un départ tout en douceur, sans dénnivelé tueur de souffle, les muscles peuvent s’échauffer tranquillement, le réflex « bon pied, bon oeil » se mettre en place. Sans êtres dangereux les sentiers parcourant ces pentes escarpées demandent une certaine attention. Puis la curiosité fait le reste. Qu’y at’il derrière la prochaine crête? Quelle vue cela va t’il dégager? Y aura t’il un village? Ou est le prochain pont permettant de traverser la rivière et ainsi de redescendre par l’autre rive? Autant de questions qui aident à oublier le souffle qui peine à suivre ou les jambes qui chauffent.

Puis il y a les rencontres. Les indigènes comme on dit. Des paysans de montagne, des vrais, cultivant des champs en étages s’accrochant à flanc de montagne. Un style de vie identique depuis des centaines d’années, ou presque, si on met de côté l’électricité et les antennes satellites. Mais le rythme est immuable, celui d’un homme à pied. Loin de nos autoroutes de contournement ou de nos TGV.

village barot

 

Leur joie de vivre est tangible, leurs yeux billent, tout les fait rire. Spécialement un touriste Suisse en goguette parlant trois mots et demi de leur dialecte. Bien assez pour partager nos avis sur les choses simples de la vie. Comme l’argent de la corruption des politiques Indiens dormant dans les coffres de nos banques…véridique! Avant la Suisse était connue de tout Indien pour le tournage des films Bollywood sirupeux sur fond d’Alpes éblouissantes de blancheurs. Les temps changent.

Lors de la redescente, à la nuit tombée, je retrouve ma moto, démarre, première, deuxième…je perd le rythme, tout accélère à nouveau.


post Et pourtant

Tout avait bien commencé, malgrès des orages et une pluie quasi diluvienne la nuis passée, ce matin un grand soleil radieu nous attendait.

Les oiseaux gazouillaient dans les arbres, les moines Tibétains soufflaient dans leur fémurs de mammouth et frappaient leurs cymbales, et les Indiens claxonnaient pour accompagner le tout.

Les portes du vol de distance semblaient grandes ouvertes. Sérénité et positivisme. La méthode Coué mélangée à la spiritualité Tibétaine. Imparable.

portail

 

Le petit cumulus qui se cache sournoisement au coin en haut à gauche aurait pourtant du nous mettre la puce à l’oreille. Comme à tous les pauvres chiens du village qui l’ont toute l’année! Petit nuage deviendra grand, et invitera tout ses petit copains pour une noumba d’enfer, son et lumière pour dans pas longtemps.

Mais le matin l’hyper-optimisme l’à emporté, à l’abordage des taxis et challo Billing.

La vitesse du développement nuageux et son ampleur ne nous ont pas laissé des heures avant de nous inciter de façon urgente à aller en direction de l’attéro pour écouter le tonnerre gronder du sol, ça impressionne moins.

robin

Après une tentative de vol sur plaine infructueuse, masses d’air massivement montantes ou massivement descendantes, nous sommes tous plus ou moins vite revenus en sécurité, sur le plancher des vaches sacrées.

atero

 

Quelques pilotes à l’instinct de conservation moins développé sont restés jusqu’à l’extrème limite avant l’orage, ils ont certainement une grande confiance dans la théorie de la réincarnation. Positifs jusqu’à plus loin que la fin?

Ensuite nous avons eu droit à un déluge digne de la mousson. Et à une chute des températures de 10 degrés au moins. Mais demain!!! On reprends la méthode Coué!

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Se laisser surprendre

Presque réussi

Investissement à taux variable

Un peu peur

Himachal Pradesh